Tech, tradition et santé de l’immobilier en Suisse avec Eric Corradin, le co-fondateur de Neho
Des notes d'épisodes
Dans cet épisode du podcast Resolve, Romain reçoit Eric Corradin, co-fondateur de Neho, pour décrypter la reprise marquée du marché immobilier suisse depuis l’été 2024. Avec une vision nationale et des données exclusives issues du Compass de Neho, Eric revient sur l’envolée des transactions (+30% YoY), la pression persistante sur les prix et l’évolution du comportement des acheteurs et des vendeurs.
Il explique également le modèle hybride de Neho, combinant technologie avancée et proximité humaine, et partage son expérience d’entrepreneur : recrutement, culture interne, rétention des talents et gestion de la croissance dans un marché très concurrentiel. L’épisode se termine sur un échange plus personnel autour de son propre parcours d’acquéreur, de ses choix hypothécaires et de sa philosophie d’investissement.
Un épisode dense, concret et sans détour, idéal pour comprendre les dynamiques actuelles du marché immobilier suisse et le parcours d’une des scale-ups les plus innovantes du secteur.
Eric Corradin, Co-fondateur, Neho https://www.linkedin.com/in/eric-corradin https://www.neho.ch
Romain Dequesne, CEO, Resolve https://www.linkedin.com/in/rdequesne/?originalSubdomain=ch https://resolve.ch/fr/resolve-zurich/
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Le podcast de Rizolve, 10 minutes passionnantes, 8 questions et un invité, un regard sur le
marché suisse de l'immobilier et du financement, court, pertinent et sans détour.
Salut Eric, bienvenue au podcast Rizolve.
Salut Romain, ravi d'être là.
Donc, super content d'accueillir aujourd'hui encore un entrepreneur, Eric Corradin, qui
est un des fondateurs de Néo.
Eric, explique-nous un petit peu qui es-tu et qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Je suis un produit de la région lausannoise, donc né à Lausanne, 42 ans, deux enfants
et puis entrepreneur sur le tar.
J'ai eu pas mal d'expériences avant de me lancer dans ma propre aventure, mais pas
tout seul, on est quatre co-fondateurs.
Et donc Néo depuis maintenant sept ans.
Sept ans, ok.
Et c'est une belle aventure jusqu'à présent.
Alors Eric, explique-nous un petit peu, qu'est-ce que fait Néo ?
Très concrètement, Néo, c'est une agence immobilière, mais d'un genre un petit peu
différent.
C'est-à-dire qu'on se repose énormément sur les technologies de nos jours et donc
en fait on peut être qualifié d'une agence hybride.
C'est-à-dire qu'on est à la fois digital, mais on garde la relation humaine au centre.
Ce qui fait qu'on a énormément de processus qui sont automatisés, mais un petit peu derrière
l'hyrido, ce qui nous permet d'être extrêmement efficace en fait dans la gestion d'une transaction
immobilière.
Ok, et puis donc aujourd'hui, qu'on comprenne, vous êtes actif à travers toute la Suisse.
C'est juste qu'on a commencé en Suisse romande en 2018 et puis six mois plus tard, on a également
lancé en Suisse alémanique.
Aujourd'hui, ça représente à peu près 50% de nos activités l'outre-série.
Et qu'est-ce qui vous distingue de courtiers plus traditionnels aujourd'hui ?
Alors la première approche, c'est l'approche digitale, ce qui fait qu'on a en fait une plateforme
qui est accessible 24/7 pour nos clients.
Donc c'est cette transparence qu'on peut donner tout au long du processus de vente.
Et puis l'autre aspect qui est plus marquant, c'est notre offre en fait.
Donc on a un forfait fixe, quelle que soit la valeur du prix, de 12 000 francs, qui est
notre forfait d'entrée de gamme, et qui se distingue par rapport à la commission traditionnelle
que prendrait un agent.
Ce qui fait qu'en moyenne, on est deux à trois fois moins cher sur nos tarifs.
Chaque année, ou même de chaque trimestre, vous faites cette magnifique étude, le COMPASS
sur l'immobilier.
D'ailleurs, j'invite tous nos auditeurs à souscrire à vos canaux pour y avoir accès
quand elles sont publiées, très intéressantes.
Première question pour toi, un petit peu quand tu regardes cette étude, alors avec
votre couverture nationale, vous avez évidemment un petit œil sur ce qui se passe à travers
la Suisse en termes de tendances.
Quels sont aujourd'hui, si on prend un petit peu le pouls du secteur immobilier, avec un
petit peu les tout-sottements qu'on a vus il y a deux ans, la reprise qu'on a vue l'année
passée, où est-ce que tu vois le secteur aujourd'hui, si tu regardes au niveau national ?
Je pense que vous l'avez aussi constaté, il y a une très très claire reprise depuis
l'été 2024, et ceci partout en Suisse.
Indépendamment, que ce soit les villes, les campagnes, la Suisse en monde, la Suisse
en monde, on a vraiment une grosse reprise.
Aujourd'hui, par rapport à l'an dernier, on est à plus de 30% par exemple en nombre
de transactions.
30% de transactions supplémentaires.
Exact, même plus de 50% par rapport au nombre d'acquereurs qui s'inscrivent sur la plateforme
ou d'acquereurs potentiels.
Donc c'est très clairement une grosse reprise du marché, on est presque à des niveaux
qu'on constatait en 2021, avant la crise des taux d'intérêt.
Et tu vois des disparités par région ?
Honnêtement, pas vraiment.
C'est vraiment une tendance de reprise générale avec finalement tous ces acheteurs qui s'étaient
un peu calfeutrés et qui avaient abandonné leur projet de vente, qui reviennent en fait
à la table et à nouveau intéressés à une acquisition.
Pour moi, un sujet que je trouve passionnant, c'est que tout le monde pense que vous cherchez
des acheteurs, mais en fait non, vous cherchez des vendeurs.
Comme tous les courtiers, vous cherchez des vendeurs.
Qu'est-ce qui se passe sur les vendeurs ? Est-ce que les vendeurs veulent vendre ?
Très bonne question.
Alors les vendeurs veulent vendre aussi.
On a eu une très très nette reprise aussi de l'intérêt à la vente.
Donc là on est à plus 40 voire plus 50% par rapport à l'an dernier sur les rendez-vous
d'estimation qui est un petit peu le début du processus de vente.
Il faut savoir que nous on a fait une étude de marché.
Il y a de ça deux ans qu'ils disaient que 30% des vendeurs vendaient parce que c'était
le bon moment.
Donc de manière opportuniste, pas forcément parce qu'ils avaient un fait de vie qui les
est obligé à vendre.
Donc on a 30% de cette population de vendeurs qui est opportuniste.
Et donc aujourd'hui, clairement ils voient l'opportunité.
Les prix ont continué de monter depuis deux, trois ans.
Les acquéreurs sont de nouveau là.
Je pense que c'est un très bon moment pour vendre.
Et tu vois un facteur prix ?
Le facteur prix, tu le constates toi aussi, mais il n'y a pas de récession des prix sur
l'immobilier.
Donc les prix continuent de monter malgré le fait que les acheteurs étaient partis.
L'offre reste quand même extrêmement restreinte.
Et le nombre d'acquéreurs, malgré le fait qu'il n'y en a pas seulement qui sont partis,
restait quand même suffisant pour qu'il y ait toujours un acquéreur qui soit prêt à acheter
une maison.
Et donc aujourd'hui, les prix continuent de monter et puis les acquéreurs, avec les
acquéreurs qui sont autour de la table.
Donc tu dis, si tu regardes un petit peu la tendance prix, parce qu'il y a ce que tout
le monde raconte, c'est en ville, c'est bon, ça c'est maintenu.
Puis dans les régions un petit peu on va dire rurales ou périurbaines, on va dire ça
comme ça, il y a quand même une petite inflexion de prix.
Est-ce que c'est quelque chose que tu confirmes de ton côté ou pas forcément ?
C'est possible.
Honnêtement, je n'ai pas toutes les données en tête comme ça, mais ce qui est clair,
c'est qu'avec la crise du Covid, il y a clairement eu une attractivité qui a été
plus importante pour les biens un petit peu plus reculés.
Rue vers l'ouest.
Tout à fait.
Et c'est clair que là, la attractivité est un petit peu moindre aujourd'hui.
Après, je pense effectivement, tout ce qui est urbain, périurbain, les tendances sont
très clairement à la hausse.
L'autre sujet pour moi que je voulais aborder, puis c'est vrai qu'on le voit un petit peu
de façon transverse dans vos différentes études, c'est la durée d'une transaction
immobilaire.
Est-ce que là-dessus, chez vous, chez Néo, puisque vous voyez un petit peu les deux extrêmes,
c'est quoi la durée moyenne d'une transaction chez vous ?
Nous, on la mesure en premier lieu entre le moment où on va publier une offre et puis
le moment où l'offre est acceptée.
Parce que ce qu'il y a avant et ce qu'il y a après, on a plus de peine à contrôler
puisque avant, ça dépend beaucoup de la disponibilité du vendeur, le fait de nous
donner toute la déclenchement nécessaire et puis après, c'est les négociations avec
le notaire notamment.
Mais nous, on est sûrs…
On peut négocier avec son notaire, c'est bon à savoir ça pour nos auditeurs.
Alors, je me suis mal exprimé, négociation…
Amis notaire, attention !
Et donc, effectivement, la durée entre la publication et l'acceptation de l'offre
chez nous, elle est en moyenne de trois mois.
Et cette durée-là, en fait, elle n'a pas beaucoup varié.
Et je m'attends quand même à ce qu'elle se réduise ces prochains temps.
Mais d'une manière générale, ce qu'on a observé, c'est que les acheteurs se ruent
moins dans les toutes premières semaines.
C'est-à-dire qu'il y a trois ans, on avait des taux d'offres acceptées dans le premier
mois qui étaient proches de 30 à 40 %. Donc, c'était vraiment énorme.
Et là, on a l'impression que les acheteurs, ils se ruent moins sur le bien.
Ils prennent un tout petit peu plus le temps.
Peut-être qu'ils se sentent moins sous pression et potentiellement moins de concurrence.
Il y a moins de déséquilibre, refroidement.
Exact.
Ils se disent qu'ils ont peut-être un peu plus le temps.
Mais en fait, finalement, ça se rééquilibre sur le 3, 4 ou 5e mois.
Très, très intéressant.
On a beaucoup parlé ici de développement au marché immobilier, etc.
Moi, je voulais un petit peu parler au Eric Corradin, CEO d'une startup.
J'ai bien compris ce que tu expliquais.
Tu disais que Néo, c'est de la tech et c'est de l'humain.
Comment tu trouves l'humain ? Comment est-ce que tu débauches des talents et tu les retiens
chez toi ? Quelle est la sauce secrète Néo là-dessus ?
Très, très bonne question.
C'est le challenge de toute boîte et notamment des boîtes sous jeunes comme les nôtres
qui n'ont pas forcément une énorme renommée sur le marché du travail par rapport à
d'autres boîtes plus établies.
Il y en a plein.
Et donc, c'est clair, au début, c'était compliqué, mais on n'avait pas besoin de
beaucoup.
C'est le temps, en fait, il y a une vraie différence pour nous entre la Suisse romande
où finalement on est beaucoup plus connu parce que c'est notre terreau et on est des Lausanois.
Et mine de rien, le réseau est extrêmement important.
Je pense qu'il faut beaucoup travailler le réseau des collaborateurs.
Il faut arriver à des taux d'embauche de 30 à 50% qui viennent de ce réseau-là.
C'est extrêmement important.
Mais c'est sûr qu'en Suisse à la Bannic, on a beaucoup plus de difficultés.
Et oui, ça reste un challenge.
Donc toi, ton conseil serait engager de votre réseau et pas de sources inconnues, en gros,
si je résume.
De toute façon, je pense qu'on n'a pas le loisir de mettre de côté une source.
Il faut les travailler en parallèle.
Mais le plus important, si tu veux pouvoir engager dans le réseau de tes collaborateurs,
c'est que tes collaborateurs soient satisfaits.
Et donc effectivement, nous, je pense que le plus important, ça a été de trouver cet
équilibre entre client, entreprise et courtier ou agent immobilier.
Et c'est vraiment ce triumme où chacun doit y trouver son compte qu'on a réussi à mettre
sur pied sur plusieurs années.
Et puis maintenant, on a quelque chose qui est solide avec des collaborateurs qui sont
contents et une rétention agent immobilier qui est vraiment très élevée.
On est très satisfait de ça.
Pour finir, quelques questions classiques pour que nos auditeurs te connaissent un petit peu
plus en détail.
Est-ce que tu es propriétaire ou locataire aujourd'hui, Eric ?
J'ai la chance d'être propriétaire depuis 2016.
Avec quel agent immobilier as-tu acheté ton mien ? Non, je rigole.
Hypothèque fixe ou variable ? Hypothèque fixe, 5 et 10 ans à l'époque.
Deux tranches.
Oui.
OK.
Et qu'est-ce que tu as comme taux ? Tu vas qu'on va voir si tu as un bon
négociateur.
À l'époque, UBS, pour ne pas les nommer, avait une très bonne offre à 1% à 5 ans.
Et c'était 1,67 à 10 ans, quelque chose comme ça.
Mais je pense qu'aujourd'hui, mon taux moyen doit être un petit peu plus élevé.
Est-ce que, vu que tu as mentionné que tu as des enfants, tu es marié également, t'as
fait l'assurance vie ? Non, je n'ai pas fait l'assurance vie, je
crois pas.
Non.
Bon, ça tombe bien que tu sois dans le bureau de résolves, s'occuper de toi.
En termes d'investissement, où est-ce qu'aujourd'hui tu t'investis ton argent ?
Alors, je n'ai pas beaucoup d'argent à investir pour le moment.
Parce que tu sais que les salaires de CEO dans des petites boîtes ne sont pas les mêmes
que ceux de l'UBS.
Ce n'est pas ce que j'ai entendu chez Néo, mais on m'a toujours dit chez Néo.
Mais l'argent que j'ai, j'essaye de l'investir dans du capital privé.
Je préfère être au contact de l'entrepreneur et d'être plus proche du business si possible.
Capital privé, tu fais des préaux entreprises ou des investissements en startups, private
equity, ce genre de choses.
Voilà, exactement.
Des investissements en private equity.
Pas de crypto ? Un peu.
Un peu aussi.
J'ai commencé en 2017.
J'ai vraiment une stratégie très, très basique de buy and hold.
J'attends que mon bitcoin arrive à un million pour sortir.
Dernière question pour toi Eric.
Est-ce que tu as des suggestions pour notre prochain invité du podcast Résolve ? Un invité
aussi prestigieux, intéressant, invité ou invité pour le podcast Résolve ? Est-ce
que tu as des suggestions ?
Mais pourquoi pas le CEO de Money Park ? Je pense que lui, il a une belle histoire à
compter.
Écoute, c'est une très bonne idée.
On va appeler Lucas, Lucas que je connais très bien depuis de très longues dates.
On va travailler ensemble avec lui et il nous donnera une très bonne perspective.
En tout cas, je te remercie Eric.
Merci beaucoup à toi.
Pour ce moment, chers auditeurs, grand merci de nous avoir suivis.
Comme toujours, n'oubliez pas de liker et de nous suivre sur les réseaux habituels,
sur Spotify, Apple Music, sur votre application de podcast préférée.
Et comme toujours, retrouvez tous nos podcasts sur resolve.ch.
Eric, merci beaucoup et n'oubliez pas aussi neo.ch où j'imagine qu'on retrouve non seulement
votre super compas, mais également un petit peu un état de ce que vous faites et comment
ce que vous pouvez aider également nos auditeurs.
Absolument.
Merci beaucoup Romain et à très bientôt.
Merci à tous.
C'était le podcast de Résolve.
Cours, pertinents et sans détour.
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veulent garder un œil sur le marché suisse de l'immobilier et du financement.
À bientôt pour le prochain épisode.
Ce podcast est produit par Résolver ça et sert uniquement à des fins d'information.
Son contenu ne constitue pas un conseil financier, d'investissement ou juridique et ne remplace
pas les conseils individuels de spécialistes.
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